Vendredi 12 mars 2010
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Paris, vendredi 12 mars 2010. Le pape Benoit XVI, ayant accepté la démission de la charge pastorale d'évêque de Bayeux et Lisieux (Calvados) que lui a présentée Mgr Pierre Pican, a nommé pour lui
succéder Mgr Jean-Claude Boulanger. Il était jusqu'à présent évêque de Séez.
première interview:
Vous êtes nommé d'un évêché normand à un autre évêché normand. Comment voyez-vous, dans votre cœur d'évêque, cette communion régionale entre l'Orne et le Calvados ?
D'abord, j'aimerais souligner la bonne collaboration qui existe entre nos 3
diocèses bas-normands : Bayeux -
Coutances - Séez. A cela, il faut ajouter une grande fraternité épiscopale qui nous lie, entre évêques, ainsi que les conseils épiscopaux. Nous avons l'habitude de nous rencontrer régulièrement. Un
certain nombre de services collaborent aussi entre eux, sans oublier le
Séminaire Saint-Jean-Eudes à Caen
qui est commun aux trois
diocèses. Venant du Pas-de-Calais,
je suis un « chti » heureux au milieu des Normands. Pour moi-même, il est difficile de quitter ceux qu'on aime. J'ai été accueilli, ici, comme un membre d'une grande famille, comme un frère et un
ami. C'est la raison pour laquelle, je voudrais rendre hommage à tous les ornais pour leur qualité d'accueil. J'ai rencontré ici, un
diocèse dynamique, riche d'un
bénévolat constant et généreux malgré la pauvreté des moyens puisque nous sommes dans une région qui est touchée de plein fouet par la crise économique.
Est-il permis de dire que Sainte Thérèse de Lisieux est un précieux fil rouge entre votre lieu de départ et votre destination ?
Effectivement, Thérèse m'accompagne d'Alençon à Lisieux. Nous avons eu la joie de célébrer la béatification des parents de Thérèse en lien avec Lisieux. Avec Mgr Pierre Pican, nous avions demandé
cette béatification au pape Jean-Paul II. J'avais confié mon
ministère d'évêque à Sainte
Thérèse et à Louis et Zélie Martin. Je peux témoigner qu'ils ne m'ont pas abandonné. Depuis longtemps, je travaille la spiritualité de Thérèse ainsi que celle de Charles de Foucauld. D'ailleurs, je
viens de terminer un livre sur « L'abandon. Un chemin de confiance », chez Charles de Foucauld et Thérèse.
Bientôt huit ans d'épiscopat. Quel regard sur ce ministère ?
Je découvre que ce qui a été vécu a été l'œuvre de Dieu. L'évêque est d'abord un
pasteur et un serviteur de communion.
Dans ce
diocèse, une fraternité diocésaine
est née peu à peu tant au niveau des
prêtres et des
diacres que chez les
laïcs. L'
Evêque est un père, un frère, un ami, un guide pour tous, croyants et non croyants. J'ai bien mesuré mes limites, mes pauvretés. J'ai souvent eu l'impression de ne pas
avoir su répondre à l'attente de beaucoup de personnes. J'ai appris à m'abandonner à Dieu car la tâche est trop grande pour ce que ce soit notre œuvre. Je pense souvent à ce texte d'Eloi Leclerc à
propos de François d'Assise : « Pauvre petit homme ! disait la voix ; apprends donc que je suis Dieu et cesse à jamais de te troubler. Est-ce parce que je t'ai établi
pasteur sur mon troupeau, que tu dois oublier que je suis le Berger principal ? Je t'ai choisi exprès, homme simple, pour qu'il soit manifeste aux yeux de tous que ce
que je fais en toi ne relève pas de ton habileté, mais de ma
grâce. C'est moi qui t'ai appelé.
C'est moi qui garde le troupeau et le fais paître. Je suis le Seigneur et le Berger. C'est mon affaire. Ne te trouble pas ».
Finalement, nous recevons toujours la
grâce dont nous avons besoin pour les
"oui" que nous disons à Dieu.
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